Foto de Rimbaud

Por Marcos Silva

Amigos e amigas:

Recebi a seguinte mensagem (em francês) sobre a foto de Rimbaud adulto, recém-identificada:

Rimbaud, la photo retrouvée

Sur le perron de l’hôtel de l’Univers à Aden en Abyssinie, Rimbaud est assis à droite, près de la femme (photo de groupe). À gauche, le portrait tiré d’un agrandissement. C’est la première fois que l’on voit si nettement le visage du poète adulte. Histoire d’une découverte extraordinaire.

C’était il y a deux ans, dans une brocante comme la France en compte des milliers. Dans un lot, au milieu de livres, de cartes postales, les badauds peuvent brasser des photos datant de la fin du siècle dernier représentant des bourgeois moustachus et des femmes strictement apprêtées. Rien d’original. Au dos de l’une d’elles, toutefois, une inscription : Hôtel de l’Univers.

Alban Caussé et Jacques Desse, deux libraires d’anciens, sont tombés par hasard sur ce lot. Seule la mention au dos de la photo a retenu leur attention – et pour cause : cet hôtel est celui où un certain Rimbaud séjourna à Aden. Ils ont acheté le lot en pensant : «Il faut regarder de près».

Deux questions brûlent les lèvres : Où était cette brocante ? Et combien a été acheté ce lot «miraculeux» ? La réponse des heureux acquéreurs a été visiblement préparée : «Où ? Quelque part en France !» Combien : «Un prix raisonnable.» On n’en saura pas davantage de la bouche de ces libraires qui se qualifient joliment de «chasseurs de trésors» et rappellent qu’une chasse n’est pas toujours fructueuse.

Sitôt la photo en leur possession, les chasseurs se muent en membres de la police scientifique. Quel lien entre ce cliché et Rimbaud (qui vécut à Aden durant les dernières années de sa vie). Qui est cet homme assis qui regarde l’objectif ? Ne serait-ce pas… ? Les premiers signaux sont positifs : la période, le cadre, les détails, les personnages.

Les experts entrent en jeu

Désireux de s’octroyer l’aide d’experts es Rimbaldie, ils entrent en contact avec Jean-Jacques Lefrère, biographe de Rimbaud et spécialiste incontesté. Quand ils le rencontrent, celui-ci travaille à un ouvrage monumental, une «correspondance posthume» regroupant des lettres, documents et articles mentionnant Arthur Rimbaud, de sa mort en 1891 jusqu’à 1900 (Il paraît aujourd’hui chez Fayard.) Jean-Jacques Lefrère étudie à son tour le document, et sa conviction est rapidement faite : c’est bien le poète des Illuminations qui figure sur cette photographie. En comparant avec les portraits de l’adolescent que l’on possède, on le reconnaît trait pour trait, même regard, même expression. Mais une intuition même fondée ne suffisant pas, Le frère et les deux libraires se livreront encore à un minutieux travail de recoupements, de comparaisons avec d’autres clichés. Ce faisant, ils font une autre découverte essentielle : cette photo permet, par voie d’agrandissem ent d’obtenir pour la première fois un portrait de Rimbaud à l’âge adulte. Les autres clichés du poète devenu négociant, pris à Harar ou à Aden, montrent davantage une silhouette qu’un visage.

Jean-Jacques Lefrère et Jacques Desse concluent ainsi l’article qu’ils consacrent à cet extraordinaire aventure dans le numéro d’Histoires littéraires (1) : «Comme dans Coin de table de Fantin-Latour, où il figure à côté de Verlaine, Rimbaud apparaît ici parmi des assis d’Aden. (…) Tout son être paraît protester contre son intégration à ce rituel bourgeois de la séance du portrait de groupe, auquel, pourtant, il n’échappe pas. Il ne considère que le spectateur, comme en une muette interpellation, qui n’attend pas de réponse. Il nous regarde, il n’a rien à nous dire.»

Il avait tout dit durant les vingt premières années de sa vie, loin d’Aden : «Que comprendre à ma parole ? Il fait qu’elle fuit et vole».

Abraços a todos e todas:

Comentários

Há 2 comentários para esta postagem
  1. Raphaël Zacharie de IZARRA 16 de abril de 2010 12:56

    PHOTO DE RIMBAUD : JE SUIS L’AUTEUR DE CETTE NOUVELLE MYSTIFICATION

    Je constate que certains journalistes sont plus avisés que d’autres. J’ai eu l’heureuse surprise de dénicher un article de Jacques Quentin http://fauxrimbaud.blogspot.com/ qui parle de moi avec grande lucidité… Je trouve fort flatteur qu’un journaliste (de province) un peu plus futé que les autres ait l’audace d’avancer une thèse fort pertinente à propos de cette nouvelle “découverte”, à savoir que je serais l’auteur d’une énième farce médiatique à base d’Arthur … Il faut dire que ce Jacques Quentin connaît bien son gibier : c’est à ma connaissance le seul qui a dénoncé en toutes lettres et sans la moindre ambigüité l’énorme plaisanterie izarrienne au sujet du “Rêve de Bismarck”. C’était en avril 2008.

    Cette fois je n’ai même pas eu besoin d’aller répandre des alarmes sur la toile en expliquant que je suis effectivement l’auteur d’un nouveau coup monté concernant cette photo : ce journaliste provincial à la tête froide s’en est chargé à ma place… C’est dire la profondeur de ses intuitions ! Il est vrai qu’il connaît bien son cher IZARRA, mystificateur obsessionnel à but strictement égocentrique : il ne me fait aucun cadeau quand il s’agit de me disséquer de sa plume tranchante comme la vérité, me sachant sur ce point aussi avare de pincettes à l’égard des exégètes crédules que je m’amuse à faire braire avec mes espiègleries rimbalesques de qualité quasi professionnelle répandues à grande échelle médiatique…

    Mes détracteurs apprécieront.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    =======

    L’article de Jacques Quentin à mon sujet :

    LES DESSOUS DE LA PHOTO DE RIMBAUD : IZARRIMBAUD ?

    Elle lui ressemblait comme une fille peut ressembler à son père.

    Avec la bonne foi, la sincérité de son âme entière, de son coeur franc (fatalement lucides), le public ne s’y était pas trompé. La France était convaincue !

    Sauf que les tests ADN avaient rendu leur verdict, pétrifiant : désaccord génétique total et définitif entre la fille et son prétendu géniteur.

    La douche froide.

    Qui ne se souvient pas de cette douloureuse affaire Aurore Drossard, fille imaginaire de Montand ? La leçon, authentique cas d’école, doit nous inciter à adopter à l’avenir la plus extrême prudence dans ce genre d’information où la subjectivité peut brouiller les pistes les mieux balisées.

    Or, avec le dernier avatar concernant Rimbaud, nous sommes dans un processus médiatico-hystérique exactement inverse : cette fois ce sont les “spécialistes” qui, enivrés de doctes fumées, se sont eux-mêmes convaincus. Et de quoi donc me demanderez-vous ? Du pire : la mine patibulaire d’un Rimbaud aux antipodes de sa légende esthétique.

    La pilule à du mal à passer chez les vrais-faux admirateurs du poète de Charleville qui, avec ce bon sens inné caractérisant les profanes et les ignorants, doutent.

    La découverte de la photo date de deux ans. Troublant : à la même époque un certain Izarra criait à qui voulait l’entendre -et nul ne semblait vouloir prêter sérieusement l’oreille à ses élucubrations- qu’il était l’auteur du “Rêve de Bismarck”, un autre inestimable trésor rimbaldien sauvé des rebuts d’un bouquiniste de Charleville-Mézières. Décidément, le hasard facilite bien des choses dans l’environnement de cet énigmatique Izarra…

    Mais revenons à la tête de Rimbaud. Les spécialistes dont le fameux Jean-Jacques Lefrère se sont basés sur quatre de ses photos (plus ou moins nettes) déjà connues et reconnues pour établir un nouveau dogme avec cette vertigineuse certitude propres aux exégètes de leur niveau, élevés au pain blanchit. La farine universitaire a d’incontestables vertus de salubrité intellectuelle… Bref, c’est avec la même conviction, pour ne pas dire la même ferveur que le “Rêve de Bismarck” fut décrété authentique.

    Rien n’est plus ressemblant à un portrait qu’un autre portrait, pour peu que le coeur s’emballe. On s’interrogera sur les méthodes employées par ces imprudents spécialistes cherchant à faire passer à la postérité le visage d’un parfait anonyme confondu avec Rimbaud sous le prétexte d’une enseigne d’hôtel en guise de (fausse) piste aux stars du Parnasse, de chasse aux mythes… Bertillonnage ? Identification judiciaire ? Tests ADN ? Les rieurs riront.

    Les convictions pour le moins subjectives -autant dire hautement fantaisistes- de Jean-Jacques Lefrère et ses disciples sont une bonne gifle pour nous rappeler qu’à travers ce genre de révélation sensationnelle pleine de flou artistique lié à l’univers de Rimbaud, un Izarra peut toujours en cacher un autre.

    Les érudits échaudés ajouteront : aujourd’hui plus qu’hier.

    Méfiance donc.

    Jacques Quentin
    jacquesquentin@hotmail.fr

    ARTICLE ORIGINAL : http://fauxrimbaud.blogspot.com/

    Lire aussi “Rimbaud et ses faux embrouillages” : http://fauxrimbaud.blogspot.com/2008/11/rimbaud-et-ses-faux-embrouillages.html

  2. Marcondes Sampaio 16 de abril de 2010 6:47

    Já havia fotos de Rimbaud, em Aden, adulto, feitas por ele mesmo, com uma máquina que mandou fazer vir por meio da família. Basta consultar livros sobre o poeta. Talvez essa seja mais uma, inédita, portanto.

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